La fuite de la douleur

Imaginez que vous faites une chute, et vous vous blessez, au bras par exemple, la plaie est béante, il faut faire des points de suture. Le médecin qui vous soignera sera obligé de toucher la plaie pour pouvoir la soigner, peut-être aurez-vous mal lorsqu’il le fera. Mais ensuite, grâce aux points et aux soins prodigués (pansement, désinfection de la zone blessée), la cicatrisation pourra se dérouler sans encombres, et au bout de X jours, votre peau sera comme neuve.

Imaginons maintenant que vous refusiez les points de suture : « ça va me faire trop mal, laissez-moi tranquille! » Vous cherchez à camoufler la plaie, à minimiser la douleur ressentie, à continuer votre vie comme si vous ne vous étiez pas blessé. Sauf que… la plaie est là, et vous aurez beau la cacher avec de grandes manches, elle continuera de s’exprimer jusqu’à ce que vous la soigniez. Si qqn vient à vous toucher le bras, sans savoir que vous camouflez une plaie, la douleur sera encore plus vive. Ce ne sera pas la faute de celui qui vous touche le bras, n’est-ce pas? D’ailleurs, il ne comprendra pas pourquoi vous hurlez si fort à son contact, il voulait seulement vous faire un câlin…


C’est facile à comprendre pour une blessure physique. Mais qu’en est-il des blessures émotionnelles?

Nous en portons tous, l’origine est profonde et multifactorielle, mais nous nous comportons comme si ces blessures n’existaient pas. Nous faisons tout pour éviter d’aller à leur contact pour ne pas souffrir. Grave erreur! Tant que nous n’allons pas au contact de nos blessures, il est littéralement impossible de leur permettre de cicatriser.

Comment fuyons-nous ce contact?


Par le déni : « Même pas mal! ». Je coupe le ressenti de ce qui pourrait me faire mal. Cette stratégie est totalement adaptée en cas de survie extrême (je pense par exemple à ce survivant de l’extrême qui a pu survivre en s’amputant un membre coincé par des rochers… heureusement qu’il ne sentait rien!), mais cela devient problématique si la stratégie s’installe de façon chronique. Être capable de ressentir la douleur, c’est avoir la possibilité de sortir d’une situation qui nous fait mal, c’est VITAL! Imaginez que vous n’ayez pas la capacité à ressentir la chaleur du feu quand vous approchez la main d’une casserole d’eau bouillante ou de la cheminée. Vous pourriez perdre votre main, c’est grave! Et bien c’est la même chose avec les autres douleurs…


Par la fuite : je remplis mes journées de tas d’occupations, ainsi, je n’ai pas le TEMPS d’aller me faire soigner. Je m’invente des tas d’obligations qui me semblent plus importantes que tout. Pendant ce temps, la plaie continue de s’infecter…


Par l’anesthésie : je mange, je bois, pour calmer la douleur. L’alcool est un anesthésiant très efficace, d’autant plus qu’il est souvent camouflé par un aspect convivial communément admis. Par cette attitude, non seulement je reste dans l’illusion d’un plaisir leurré, mais en prime, je rajoute une autre couche de souffrance à ma blessure initiale, car je peux déformer mon corps à cause d’une nourriture inadaptée à mes besoins physiques.


Par le raisonnement et l’accumulation de connaissances : j’ai COMPRIS pourquoi j’ai mal, donc je crois que je suis guéri. Faux. Vous avez beau savoir que c’est une chute qui a provoqué la plaie de votre bras, celle-ci n’en est pas guérie pour autant. La compréhension ne fabrique pas les points de suture, n’est-ce pas?


Par la minimisation : « ce n’est pas si grave, surtout par rapport à ce que d’autres vivent…». Euh... occupe-toi de TON vécu, ce sera déjà beaucoup!


Je pourrais certainement trouver d’autres stratégies efficaces qui nous empêchent d’emprunter le chemin de la guérison. Mais mon véritable message est le suivant :

Que se passerait-il dans votre vie si vous acceptiez d’aller au contact de ce qui vous fait mal pour ENFIN prendre le temps de l’écouter et de le soigner? Que ce soit sur un plan physique, émotionnel, ou vibratoire.

Que se passerait-il pour vous APRÈS cette guérison?

Qu’avez-vous si peur de lâcher, qui vous maintient ici dans la douleur, au lieu d’aller là-bas, vers la cicatrisation…?

Et n’oubliez pas les phrases magiques :

Tout ce que l’on réprime s’imprime.

Tout ce à quoi l’on résiste persiste.

Tout ce que l’on observe disparait…

35 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout