Lire des livres. Écrire délivre…

« -Et la suite de tes aventures de chat, ça avance? »


Non. Rien ne peut avancer puisque je n’écris plus. Je n’ouvre pas le fichier contenant les 180 pages déjà écrites, de peur que les mots ne m’explosent en plein visage.

À chaque fois que j’écris, j’ai la sensation de me mettre à nue, intégralement. Jusqu'au plus profond de mes tripes. C’est un exercice très désagréable, croyez-moi! Pourtant, lorsqu’il est terminé, deux nouvelles sensations agréables apparaissent : le soulagement, et la fierté. Les mots m’ont délivrée d’un poids trop lourd à porter.

Le tome de Vénus est difficile à raconter, bien plus que les deux précédents réunis. Pour l’instant, je suis bloquée au stade du « j’ai peur de raconter tout ça ». Avec le bonus du « à quoi bon? » qui traine toujours dans un coin de ma tête, surtout dans les moments financièrement compliqués.

Ce n’est pas facile d’être une artiste dans un monde matérialiste, où tout va trop vite. Seule la productivité extérieure compte, quand l’artiste a besoin de temps pour accueillir l’inspiration depuis l’intérieur… Ce temps-là n’est pas « rentable » d’un point de vue matériel, il est pourtant VITAL pour l’âme d’artiste.

Je me sens comme écartelée entre l’appel de mon coeur et ma réalité matérielle à assumer. Il m’est difficile de plonger dans l’écriture l’esprit tranquille. Je ne suis pas disponible pour raconter mon histoire, même quand j’aurais théoriquement du temps pour cela. Le mental vient toujours te rappeler que tu as sûrement « mieux à faire »…


C’est dans ces moments de doute que je me souviens de cette phrase inspirante :


J’ai créé une vie matérielle trop lourde à porter, des engagements qui m’éloignent de mon rêve, qui m’obligent à avoir un « vrai boulot ». C’est un travail que j’ai choisi et dans lequel je me suis impliquée pendant plus de 15 ans. J’ai la chance d’être indépendante et de pouvoir gérer mon temps comme bon me semble. J’ai ralenti le rythme pour me préserver, mais le constat reste le même : mon coeur m’appelle ailleurs depuis plusieurs années. Il me crie « écris, écris », et je résiste, comme aspirée par la réalité matérielle qui me dépasse totalement.

En prime, ce « vrai » travail ne me nourrit plus, ni sur un plan financier, ni sur un plan moral et émotionnel. Cette fonction vient m’enfermer dans un costume qui ne me ressemble pas. J’y suis trop serrée, j’étouffe. On me colle une étiquette, on me range dans une case qui n’est pas moi. J’ai souvent envie de crier « arrêtez de m’assimiler à mon métier, je suis tellement plus que cela! ». Certains jours, je voudrais pouvoir brûler ce costume, tout arrêter, pour enfin montrer au monde qui je suis vraiment. Mais ce n’est  possible, du moins, pas pour l’instant…


La transition est en cours. Je ne renoncerai pas à mon rêve, quoi qu’il m’en coûte. Lâcher le connu rassurant mais qui me plombe, pour m'engager dans un futur qui me ressemble, inconnu, et sans garanties...


J’ai enclenché une reconversion inattendue. Un nouveau boulot, plus léger à porter, plus agréable à vivre. Où je reste indépendante, la base indispensable pour moi. Une deuxième fonction pour progressivement diminuer la première... voire un jour, pour pouvoir l'arrêter? Je le souhaite sincèrement.


J’ai pris des décisions matérielles importantes pour diminuer mes charges fixes, pour enfin vivre en accord avec mes valeurs, avec mes véritables envies. Je déménage vers un nouveau lieu de vie qui sera à mon image : simple, épuré, léger, original!


Tous les domaines de ma vie sont en train de bouger en même temps, je me sens comme une équilibriste en escarpins! Alors j’avance, un pas après l’autre, et je laisse chaque pièce de mon puzzle se ranger tranquillement à sa place.


Ma mue intérieure me secoue dans des émotions contraires : la colère que je ressens lorsque je suis au contact de ce qui ne me correspond plus, me pousse à quitter le passé. La frustration et l’impatience de récolter le nouveau m'attirent vers le futur pour semer de nouvelles graines.


Je ne renoncerai pas à mon rêve, quoi qu’il m’en coûte...

Je suis une planche de surf, ne m’obligez pas à faire du repassage!

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