Ma disparition des réseaux sociaux

Certains d’entre vous m’ont connue via Facebook et / ou Instagram. Fin septembre 2020, j’ai décidé de clôturer mes comptes de ces 2 réseaux sociaux. C’est acté pour Instagram, et en cours de suppression pour la page publique Facebook. Je me laisse encore un peu de temps pour supprimer totalement mon compte personnel Facebook.

Cette idée n’est pas une lubie subite que j’ai assouvie telle une pulsion incontrôlable… C’est plutôt le fruit de longs mois d’observations et de ressentis jusqu’à l’évidence finale : le monde virtuel des réseaux sociaux ne m’apporte rien de positif. Au contraire.

Laissez-moi vous parler franchement.

J’avais environ 250 abonnés sur ma page Facebook, et 100 abonnés sur mon compte Instagram. C’est peu, certes, mais déjà correct. Lorsque je publie un article sur mon blog, je peux voir les statistiques de lecture, et c’est ainsi que je constatais une moyenne de 15 vues par article. 15??? Mais où sont les 230 autres personnes qui sont censées suivre mes actualités sur Facebook?

Quant à Instagram, on ne l’utilise que pour voir des photos, pas pour lire des textes trop longs ou cliquer sur un lien vers un blog. De plus, environ 15% de mes abonnés étaient des hommes en quête de rencontres faciles… Sérieusement les mecs, si je voulais faire ce genre de rencontres, je me serais inscrite sur Meetic ou Tinder!! Vous pouvez donc passer votre chemin! (NB : J’aime trop l’authenticité des rencontres humaines pour m’inscrire sur ce genre de sites… ça, c’est dit!)


Mes conclusions sont les suivantes :

-Facebook ne montre pas tout dans votre fil d’actualité, donc mes publications peuvent passer à la trappe.

-mes abonnés ont peut-être déserté la plateforme, ils ne se connectent plus donc ne voient pas passer mes publications. Logique.

-ceux qui voient la publication ne cliquent pas sur l’article car c’est long à lire… et on le sait bien, sur Facebook, on ne fait que passer, scroller, regarder vite fait le fil d’actualité sans réellement s’intéresser au contenu.


Facebook est le lieu idéal où se côtoient les exhibitionnistes et les voyeuristes. Où les premiers assouvissent un besoin narcissique d’exister, même au sein d’une sphère virtuelle qu’ils finissent par confondre avec le réel, et où ils cherchent à collectionner les « Like » et les « Followers » comme des médailles prouvant leur valeur ou leur légitimité. Et où les deuxièmes, ceux qui ne publient rien, se contentent de scruter, d’observer, d’épier l’autre à distance sans jamais s’impliquer dans une relation. Qui croient connaitre telle personne parce qu’elle a publié ceci ou cela, mais ne lui ont jamais vraiment posé de question en direct, n’ont jamais cherché à savoir qui elle est et ce qui l’anime.

Facebook est le cimetière de la politesse et de l’orthographe, où chacun peut injecter son avis sans aucun filtre, ni dans le fond, ni dans la forme. Fort heureusement, je n’ai jamais reçu de messages malvenu sur ma propre page. Il faut dire que comme je n’aime pas ce genre de communication, je n’y participe pas moi-même. Donc je n’attire pas les personnes qui communiquent ainsi. Tant mieux.


Vous trouvez que j’exagère? Oui, tout à fait. Cette caricature de nos comportements au sein des réseaux sociaux est volontairement poussée à l’extrême, pour vous faire réagir. Vous êtes-vous déjà posé la question : « quel besoin suis-je en train d’assouvir en naviguant sur ces sites? ». C’est ce que je suis en train de faire, et comme tout éclairage intérieur, il n’est pas forcément confortable. J’accepte de m’y confronter et de reconnaitre des désirs inconscients bien camouflés que j’ai à coeur de dépasser. Dans quel but? Avancer vers davantage d’authenticité et de liberté, mes deux moteurs principaux dans la vie.


J’ai moi-même participé à ces réseaux sociaux, j’ai été happée par l’addiction invisible qu’ils génèrent, sans m’en rendre compte, puis j’ai tenté d’en comprendre les codes pour les utiliser dans mon « business » et présenter ma nouvelle activité d’auteur. Et là… j’ai vu. L’écart entre mes valeurs profondes et ce monde virtuel. Je m’y reconnaissais de moins en moins, Je n’arrivais pas à utiliser ces codes dans le seul but de me faire connaitre, c’était trop éloigné de qui je suis, à tous niveaux. Et lorsque j’étais seulement moi-même, cela ne m’a apporté aucun nouveau lecteur… Le constat est amer, mais bien réel. Si je dois me travestir pour obtenir un résultat espéré, alors ça ne m’intéresse pas.

Et surtout, ce rythme instantané imposé par ces plateformes de contacts virtuels est tellement éloigné du rythme que je désire vivre dans mon quotidien, ce n’est pas possible pour moi. J’ai besoin de ralentir, de prendre le temps d’apprécier chaque instant vécu, chaque rencontre humaine, quitte à en vivre moins. Mais de meilleure qualité. Les réseaux sociaux répondent à un besoin boulimique de remplissage, même si nous pensons faire partie des « modérés ». Nous ne sommes jamais rassasiés, en quête du « toujours plus », à l’image d’un fast-food insipide qui nous rend pourtant accro et dont il est difficile de décrocher.

Enfin, on le sait, le fil d’actualité imposé par Facebook (pour ne citer que lui), n’est pas le reflet conforme de nos abonnements. Certaines actualités nous échappent, et pour éviter cela, que faisons-nous? Nous y restons longtemps… L’addiction s’installe ainsi. La connexion permanente au virtuel a ses limites dans notre cerveau, c’est désormais prouvé.

Voici d’ailleurs vers une vidéo très intéressante qui vous explique « Comment Facebook vous rend addict ». Prenez le temps de visionner ces 8 minutes d’explications…


Je constate également que mon sentiment de solitude a pu s’aggraver pendant un temps. Car, soyons honnêtes, nous ne publions que les bons côtés de notre vie, jamais les coups durs, les difficultés, les épreuves. Lorsque ces moments difficiles nous arrivent, trouvons-nous notre salut en naviguant sur Facebook? Non. C’est même l’inverse…

J’ai pu constater que bon nombre de mes amis les plus proches, ceux qui étaient là pour m’épauler pendant mes périodes sombres, ne se sont jamais inscrits sur les réseaux sociaux! Je les ai toujours observé avec interrogation et admiration… Ils ont raison, pensais-je au fond de moi. Si c’était maintenant, est-ce que je m’y inscrirais? Non. Alors, du coup… qu’est-ce qui m’empêche d’en sortir, de me désinscrire?

La trouille. Encore elle. Des peurs bien cachées que mon cerveau me ressert, m’indiquant ainsi son désaccord et sa rébellion.

Avez-vous déjà fait du tri dans vos placards, pour jeter ou donner, et libérer votre espace? C’est un exercice très difficile, qui nous place dans un état profond d’insécurité. Cliquer sur «supprimer mon compte» va me donner la sensation de « perdre » quelque chose d’important, voire même l’impression de ne plus exister. Pourtant, toutes ces sensations ne sont que des illusions. J’ai beau le savoir, il faut du temps pour apprivoiser chacune de mes peurs, les calmer patiemment et avec bienveillance.

J’ai régulièrement fait du tri dans mes anciennes publications, dans ma liste de contacts, pour rester alignée avec mon énergie actuelle, pour être en cohérence avec qui je suis aujourd’hui. Ce n’est donc pas si difficile de libérer TOUT l’espace, et pas seulement un morceau.

De plus, cela fait environ deux ans que j’ai entamé un désencombrement général de ma vie matérielle, pour vivre mieux avec moins. Où j’ai beaucoup trié, donné, jeté, pour me concentrer sur l’essentiel, pour ne conserver que ce qui me nourrit vraiment. À l’image de mon assiette, finalement (domaine très important pour moi!). Et si j’ai réussi à simplifier mon environnement matériel, alors je peux aussi l’appliquer pour mon environnement virtuel, sans pour autant tomber dans un autre extrême, celui du rejet total de la technologie. Là n’est pas mon intention, car les moyens actuels de communication m’apportent de gros avantages que je tiens à conserver. J’ai seulement à coeur de garder ma liberté la plus intacte possible, et les réseaux sociaux étaient en train de m’aliéner insidieusement et de me cuire à petit feu. Il était temps de sortir de la marmite avant qu’il ne soit trop tard.


J’ignore encore la forme que prendra cette nouvelle vie dans laquelle je suis en train de m’engager, loin des réseaux sociaux. Je sais seulement qu’elle me ressemblera vraiment.

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